Précautions d'emploi
*Les huiles essentielles sont à manipuler avec une grande prudence.
Ces
extraits végétaux sont les plus puissants du règne végétal. Veuillez prendre
connaissance des précautions d'usage pour les utiliser à bon escient
*Tenir hors de portée des enfants.
*Eviter le contact des yeux. En cas de projection accidentelle avec
les yeux, rincer abondamment l’oeil sous un jet faible d’eau courante pour
expulser le corps étranger puis passer un coton d’huile végétale pour adoucir.
*Ne jamais mettre des huiles essentielles pures dans le nez, dans
les oreilles ou sur les muqueuses ano-génitales.
*Eviter l’utilisation des huiles essentielles pendant les trois
premiers mois de la grossesse.
*L’utilisation d’huiles essentielles pendant la
grossesse et pour la femme allaitant requiert l’avis d’un aromathérapeute
avisé.
*En cas d’hypersensibilité ou de terrain allergique, tester l’huile
essentielle avant utilisation :
- placer 1 à 2 gouttes de l’huile essentielle
sélectionnée dans le pli du coude,
- patienter 10 minutes,
- constater une
éventuelle réaction cutanée
*Ne pas s’exposer au soleil après une application d’huile
essentielle contenant des furocoumarines (HE expressées des zestes d’agrume :
citron, mandarine, orange douce, etc.). Ces huiles essentielles sont
photo-sensibilisantes et augmente fortement le risque de coups de soleil et
brûlures.
*Les huiles essentielles phénolées ou riche en aldéhydes sont
dermocaustiques (agressives pour la peau) et doivent être diluées dans une huile
végétale dans une proportion de 85% d’huile végétale pour 15% d’huile
essentielle.
*L’utilisation des huiles essentielles en voie interne requiert
l’avis d’un professionnel. En cas d’ingestion accidentelle : ingérer de l’huile
végétale et contacter un centre anti-poison.
*Les huiles essentielles ne sont pas solubles dans l’eau. Pour un
bain aromatique, utiliser un dispersant adéquat (labrafil, labrasol, disper) en
quantité 4 fois supérieur à la quantité d’huile essentielle. Ne pas dépasser 10
gouttes d’huile essentielle par 100 litres d’eau.
*L’injection intramusculaire des huiles essentielles
est dangereuse
et proscrite.
Quelles sont les précautions à prendre pour les
femmes enceintes ?
Très peu de travaux scientifiques ont été consacrés à l'étude des risques
abortifs des molécules aromatiques. Seuls les cétones terpéniques et les
molécules aromatiques ½strogène-like (comme l'anethole présent dans les huiles
essentielles d'anis, de badiane ou de fenouil) sont clairement interdites durant
la grossesse.
En général Pranarôm adopte une position claire vis-à-vis de
l'utilisation d'huiles essentielles durant la grossesse : nous préconisons de ne
pas recourir à l'utilisation d'huiles essentielles durant les trois premiers
mois de la grossesse. Par après nous considérons qu'il est souhaitable d'en
limiter le plus possible l'usage à des soins pointus, de courte durée, et
proposés par des personnes de confiance maîtrisant parfaitement les profils des
huiles essentielles proposées (thérapeutes, pharmaciens aromatologues, …). Ce
point de vue est guidé par un simple principe de précaution suite au manque
d'informations fiables sur le sujet.
A partir de quel âge peut-on appliquer des huiles
essentielles sur des enfants ?
De nouveau une question face à laquelle la réponse laconique « Ca dépend
» peut être de mise ! Car cela dépend en effet du type d'huile essentielle, du
vecteur dans lequel elle est incluse et de sa concentration finale dans le
produit.
Soyons toutefois un peu plus clairs ! Déjà chez le nourrisson (à
partir de l'âge de 1 à 2 mois) on peut appliquer des huiles de massage enrichies
par des huiles essentielles calmantes, digestives ou expectorantes et
balsamiques. Dans ce cas la concentration finale en huiles essentielles ne
dépasse pas 1 à 2%. Il est tout aussi envisageable d'enrichir une crème pour les
fesses avec des huiles essentielles ou de formuler des huiles de bains
aromatiques aux vertus reposantes pour le bain de nos bébés. Toutefois, à moins
de maîtriser parfaitement les huiles essentielles qu'on utilise, nous pensons
qu'il est souhaitable de se tourner vers l'achat de produits finis de haute
qualité (donc un peu plus onéreux !) spécialement développés pour les
bébés.
A partir de 9 à 10 mois, on peut graduellement augmenter le panel
d'huiles essentielles à appliquer sur l'enfant (toujours en massage, en
diffusion ou sous forme de suppositoires). La concentration finale en huiles
essentielles peut alors évoluer au besoin vers 5 à 6%
A partir de 3 ans on
peut envisager avec grande parcimonie le mélange d'une ou deux gouttes de
quelques rares huiles essentielles (ravintsara, eucalyptus radié, bois de rose)
dans un support destiné à être ingéré.
Dès 6 ans enfin, il est possible
d'initier des soins aromatiques par voie orale, à doses faibles mais efficaces.
Le mieux est de privilégier l'ingestion de 1 à 3 capsules aromatiques molles par
jour. Ces capsules sont prédosées et standardisées, n'ont pas d'odeur et peu de
goût et ont l'avantage de contenir des synergies d'huiles essentielles bien
étudiées pour leurs effets positifs et leur tolérance gastrique.
Les huiles essentielles ont-elles des effets
secondaires et lesquels ?
L'aromathérapie n'est pas du tout une méthode douce. Elle fait usage
d'extraits super-concentrés qui peuvent occasionner une série d'effets
secondaires s'il ne sont pas utilisés à bon escient par des personnes capables
d'en maîtriser les propriétés et les toxicités.
Globalement on peut être
confronté aux mêmes effets secondaires que ceux rencontrés suite à l'application
de produits pharmaceutiques de synthèse : nausées, vomissement, diarrhée ou
constipation, relents gastriques, ulcères gastriques.
Il faut savoir
également que l'ingestion de fortes doses (supérieures à 500 mg / jour) de
composés aromatiques phénolés sur une longue période (supérieure à 20 jours)
peut créer un engorgement et une surcharge hépatique. Dès lors le thérapeute
averti sait que les phénols aromatiques se prennent soit à haute dose durant
maximum 7 jours ou à faible dose (moins de 200 mg / jour) durant maximum 20
jours, suivis d'une fenêtre thérapeutique d'une semaine entre les cures.
Nous
avons en outre déjà évoqué les propriétés neurotoxiques et abortives des huiles
essentielles riches en cétones terpéniques (hysope, thuja, sauge, ..). Ces
huiles essentielles particulièrement délicates à utiliser sont par ailleurs
réservées à l'usage exclusif de la pharmacie et ne peuvent théoriquement pas se
trouver en vente libre.
Il faut également évoquer les dangers de
photosensibilisation consécutifs à l'application cutanée - voire selon certains
l'ingestion - d'essences aromatiques et d'huiles essentielles contenant des
furocoumarines juste avant ou pendant une exposition au soleil. Ceci pourrait
engendrer chez certains des réactions érythémateuses et même favoriser la
carcinogenèse. Ce sont surtout les essences de zestes de Citrus (mandarine,
citron, pamplemousse, orange douce, …) qui sont à l'origine de ce type de
photosensibilisation.
Certaines huiles essentielles sont dermocaustiques
et ne peuvent s'appliquer sur la peau qu'à haute dilution (10, 5, 2%, voire
moins !), sous peine d'occasionner des lésions parfois importantes (brûlures,
…). Certaines personnes développent des allergies aux huiles essentielles
(eczéma, oedèmes cutanés, ….) et se voient donc contraintes à ne plus envisager
de profiter des nombreux bienfaits des huiles essentielles suite à leur
hypersensibilité.
Enfin, sachez qu'il est formellement interdit
d'appliquer des huiles essentielles, même diluées, dans le conduit auditif, dans
les yeux et dans les narines, et ce quel que soit l'âge ou le sexe.
Existe-t-il des thérapeutes spécialisés en
aromathérapie qui puissent nous conseiller ?
Bien qu'il n'existe pas vraiment de cursus universitaire
consacré à l'aromathérapie, de plus en plus de
docteurs en médecine investissent leur temps dans de longues et
passionnantes formations en aromathérapie. Au sortir de ces
formations réservées aux personnes détentrices
d'un titre de médecin, pharmacien, infirmière ou autre
professionnel de la santé (kinésithérapeute,
…) de telles personnes ont acquis la capacité de
préconiser un soin préventif ou un traitement actif
à base d'huiles essentielles pour le plus grand
bénéfice de leurs patients. Ce sont avant tout des
professionnels qui basent leur raisonnement sur un diagnostic
précis et qui connaissent le pouvoir et les limites
d'utilisation des huiles essentielles. Ils n'adoptent pas une vision
intégriste qui prône le « tout à la nature
» ou le « tout au médicament ». Ce sont des
professionnels de la santé d'une rare compétence, qu'il
faut pouvoir sélectionner afin d'éviter l'arnaque du
conseil d'un quidam qui se voit investi du jour au lendemain d'une
mission de « guérisseur».
Peut-on ingérer des huiles essentielles par voie
interne ?
On ne peut répondre à cette importante question de manière catégorique «
oui » ou « non ». La réponse la plus adaptée est certainement : « oui,
certainement, mais avec beaucoup de prudence et de discernement ».
« Oui,
certainement » car beaucoup d'huiles essentielles vont donner leur pleine mesure
une fois ingérées. Prenons l'exemple de l'huile essentielle d'origan à
inflorescences compactes (Origanum compactum) : cette huile riche en phénols est
l'archétype de l'extrait aromatique anti-infectieux à très large spectre, mais
ses principes actifs sont dermocaustiques et en limitent fortement l'application
sur la peau. Dès lors l'huile essentielle d'Origanum compactum va bien mieux
exercer son pouvoir antimicrobien une fois ingéré. Toutefois, la prudence est de
rigueur quant aux doses ingérées et à la manière avec laquelle cette huile
essentielle est administrée par voie orale. Les plus convaincus vont déposer
deux à trois gouttes d'huile essentielle d'origan compact sur un quart de
morceau de sucre et laisser fondre lentement sur la langue. Rapidement un
picotement plus ou moins aigu va se manifester dans la cavité buccale et dans la
gorge, signature olfactive et physiologique des phénols présents dans cette
huile essentielle. Dans les minutes qui suivent il n'en paraîtra plus rien mais
« il faut pouvoir le supporter ».
Qu'à cela ne tienne, il existe bien
d'autres manières moins directes d'administrer des huiles essentielles par voie
orale : on peut les diluer dans des huiles végétales (vierges ou BIO de
préférence), dans du miel, du sirop d'érable, on peut les faire adsorber sur des
comprimés de charbon de bois ou de lactose, et enfin, on peut privilégier
l'ingestion de capsules aromatiques contenant des huiles essentielles uniques ou
en mélange, sous forme prédosée, standardisée, et offrant toutes les garanties
d'efficacité et de sécurité d'emploi.
Quelles sont les huiles essentielles qu'on peut
utiliser par voie interne ?
Ici aussi la réponse ne tient pas en un mot et demande quelque
développement.
Les huiles essentielles sont composées de molécules
appartenant à des groupes biochimiques différents (on peut citer les phénols,
les monoterpènes, les esters terpéniques, les sesquiterpènes, etc, ….). Ces
groupes de molécules possèdent des profils toxicologiques particuliers et leur
présence relative dans les huiles essentielles détermine le profil toxicologique
de ces dernières. Si on se base sur ces informations il est possible d'édicter
quelques principes de base qu'il est bon de respecter systématiquement
:
a) N'administrer des huiles essentielles contenant des cétones QUE
suite à une prescription d'un thérapeute expérimenté. Les cétones (comme la
thujone de la sauge, la fenchone de la lavande stoechade ou la pinocamphone de
l'hysope) sont neurotoxiques ET abortives et ces effets négatifs sont exacerbés
par leur prise orale.
b) Envisager la prise orale d'huiles essentielles à
phénols (thym, origan, sarriette, …) ou à aldéhydes aromatiques (cannelles) avec
grande prudence. Privilégier une dilution importante dans des vecteurs
spécifiques (miel, huile végétale, capsules molles, …)
c) Ne jamais excéder 4
ou 5 gouttes d'huiles essentielles pures par ingestion, et privilégier leur
inclusion dans un support approprié (voir ci-dessus)
Pour terminer, voici
une liste non exhaustive d'huiles essentielles particulièrement utiles
lorsqu'elles sont ingérées par voie orale et qui sont d'une bonne tolérance
orale et gastrique : Thym à thujanol, Tea tree, Eucalyptus radiata, Ravintsara,
Menthe poivrée (1 à 2 gouttes maximum !), Citron, Mandarine, Basilic, Thym à
linalol, Laurier noble et clou de girofle (1 goutte localement pour les
problèmes de bouche).